ABN AMRO étudie les habitudes de paiement des jeunes

ABN AMRO a mené une étude sur l’usage des solutions de paiement par les jeunes, révélant une surexposition à des méthodes variées et un manque d’éducation financière pouvant les pénaliser. En particulier, l’utilisation de solutions comme le BNPL les expose davantage au risque de surendettement. L’étude vise ainsi à alerter sur ces dangers et à sensibiliser les adultes à l’importance d’une éducation financière précoce.
LES FAITS
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La banque néerlandaise ABN AMRO a récemment publié une étude en partenariat avec un institut spécialisé dans la sensibilisation aux finances familiales.
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Intitulée « Payment habits among schoolkids », cette étude analyse l'usage de l’argent et des différentes solutions de paiement par les adolescents néerlandais.
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D’un point de vue global, les résultats montrent que les jeunes suivent davantage leur compte bancaire qu’il y a 5 ans. Malgré cette progression, le suivi régulier est encore trop faible et l’accès à de nombreuses solutions de paiement différentes empêche les jeunes d’avoir une vision claire et précise de l’état de leurs finances.
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En effet, si 66% des adolescents vérifient leur solde bancaire toutes les semaines, seulement 43 % d’entre eux sont capables de donner le montant d’argent de leur argent disponible.
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L’étude souligne que l’éducation financière débute par la manipulation d’argent liquide, permettant aux jeunes d’en percevoir concrètement la valeur.
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Cependant une fois autonomes, ils se tournent vers des solutions numériques qu’ils maîtrisent mal, ce qui limite leur contrôle sur leurs dépenses et leurs engagements financiers.
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Réalisée fin 2024, l’étude s’appuie sur un échantillon de plus de 1 500 écoliers néerlandais âgés de 12 à 18 ans.
ENJEUX
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L’impact des paiements numériques : Avec l’essor des paiements numériques, les jeunes grandissent dans un monde où de plus en plus de paiements sont virtuels. Il devient donc plus compliqué pour eux d’avoir une notion précise de l’argent et de se rendre compte de l’impact de leurs achats sur un budget. Les jeunes ne sont donc plus en mesure de savoir exactement les sommes qu’ils ont dépensées, ce qui augmente le risque de surendettement.
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Un risque accru de surendettement : Le rapport souligne le fait que le manque de suivi des jeunes vis-à-vis de leurs finances peut avoir des conséquences lorsqu’ils utilisent d’autres solutions comme le BNPL. En effet, peu conscients de ce que l’utilisation du paiement fractionné implique, les jeunes ont davantage tendance à rater des échéances de paiement et ainsi augmenter leur risque de surendettement.
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Le rôle clé des parents dans l'éducation financière : L’objectif de cette étude est aussi de sensibiliser les adultes à la nécessité de former leurs enfants sur les questions financières de base telle que la gestion d’un budget, les bonnes habitudes à prendre vis-à-vis des dépenses, etc.
MISE EN PERSPECTIVE
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Face à la digitalisation des paiements, les banques prennent conscience du besoin d’éducation financière des jeunes.Certaines développent des offres pédagogiques et ludiques pour les accompagner et les fidéliser.
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Lloyds Bank, par exemple, a annoncé en février le lancement d’un partenariat avec une fintech dans le but de gamifier l’éducation financière des jeunes de 18 à 24 ans, illustrant cette tendance vers des solutions plus engageantes pour les jeunes générations.
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La néo-banque Bunq a également publié cette semaine une étude se focalisant quant à elle sur les discussions financières au sein des familles. L'étude montre que les parents sont conscients des bénéfices liés à l'éducation financière de leurs enfants et que adultes comme enfants souhaitent discuter davantage de sujet financiers entre eux. Malgré ça, la néo-banque constate que les interactions à ce sujet sont plutôt rares et que les parents n'ont pas les ressources nécessaires pour éduquer leurs enfants à la gestion de l'argent.
