Le crédit à la consommation recule en France

L'Association française des Sociétés Financières (ASF) et la Fédération bancaire française (FBF) ont récemment présenté la 37e édition de l'Observatoire des crédits aux ménages (OCM). Et cette édition est marquée par un record puisqu'elle présente le plus bas niveau de détention de crédit par les ménages français depuis la création de l'Observatoire en 1989.
LES FAITS
- L'Observatoire des crédits aux ménages (OCM) s'appuie sur une enquête réalisée en fin d'année auprès d'un large échantillon de ménages français. En 2024, il a ainsi permis d'interroger près de 13 000 ménages par voie postale et de récupérer les réponses détaillées de 72,7% de l'échantillon.
- Le principal enseignement que l'Association française des Sociétés Financières retire de ce nouvel Observatoire concerne le recul du taux de détention des crédits par les ménages en France. En effet, seuls 41,9 % des ménages détiennent actuellement un crédit.
- Ce taux est le plus bas jamais enregistré par l'Observatoire mais représente surtout une nouvelle baisse de la part des ménages détenant un crédit, pour la sixième année consécutive.
- Dans le détail, le recul des crédits à la consommation est particulièrement marqué puisqu'il enregistre une baisse du taux de détention de 19% en 2024. Le taux de détention des crédits immobiliers se stabilise quant à lui en 2024 ; 29,7% des ménages sont ainsi détenteurs d'un crédit immobilier.
- Au global, la production de crédit à la consommation n'a augmenté que très légèrement, de 0,4% au quatrième trimestre, et de seulement 0,3% sur l’ensemble de l’année 2024.
ENJEUX
- Des explications conjoncturelles : Les crédits affectés ont enregistré un recul important en 2024, avec une baisse de 8,6 %. L'achat à crédit de véhicule souffre de la concurrence des offres en LOA (location avec option d'achat) ou de LDD (location longue durée). Les crédits dédiés à la rénovation de l'habitat ont eux aussi baissé avec une production en baisse de 6,4 % en 2024.
- Un rebond en cours : L'Association française des Sociétés Financières et la Fédération bancaire française ont néanmoins observé une reprise des intentions de souscription de nouveaux crédits au 1er semestre 2025, l'appréciation des ménages sur leur situation financière s'étant légèrement améliorée. Le recul de l’inflation et la baisse des taux des crédits favorisent cette progression. 85,4% des ménages précisent ainsi que leurs charges de remboursement sont supportables, les intentions de souscription à de nouveaux crédits remontent donc. En détail, 3,1 % des ménages ont l’intention de souscrire un crédit immobilier et 3,7 % des crédits à la consommation. Le marché du crédit à la consommation a finalement connu une croissance de +6,5% en décembre 2024, par rapport à décembre 2023.
MISE EN PERSPECTIVE
- La tendance du marché était bien différente en 2018. A l'époque, l'enquête relative à la production de crédit de l’Association française des Sociétés Financières soulignait un rebond de 11,6 % des crédits à la consommation au mois d'avril par rapport à 2017. A l'époque, les Français avaient surtout recours aux prêts personnels pour financer les biens d’équipement de leur foyer.
- Des usages qui ont peu évolué puisqu'aujourd'hui, 90% des crédits à la consommation sont utilisés pour acheter des biens d’équipement de la maison, une automobile, une moto ou pour financer des travaux d’amélioration du logement.
